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Allaitement : 5 règles d’or pour se préparer dès la grossesse

Mis à jour le 13 mai 2026
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Pendant la grossesse, de nombreux futurs parents se disent : « On verra bien comment ça se passe… si l’allaitement fonctionne, tant mieux, sinon… ». Mais sinon quoi ? Ce flou est très fréquent, et peut parfois être source de regrets ensuite : un choix pris “par défaut”, un départ plus compliqué que prévu, ou la sensation de ne pas avoir eu les bonnes informations au bon moment.
L’allaitement ne se transmet plus spontanément de génération en génération. Le corps, lui, sait toujours produire du lait — mais les repères, eux, se sont un peu effrités. Résultat : conseils contradictoires, avis non sollicités, informations éparses… difficile de s’y retrouver.

Pour éviter de devoir chercher des réponses alors que la fatigue et les émotions sont déjà bien éprouvées, Claire Charlet, infirmière puéricultrice depuis 2014 et consultante en lactation IBCLC depuis 2022 vous transmet 5 règles d’or à connaître avant la naissance, pour commencer l’allaitement plus sereinement.

Règle d’or n°1 : rencontrer une professionnelle de l’allaitement pendant la grossesse

Il s’agit bien souvent de « la clé de voûte pour démarrer son projet d’allaitement sereinement » selon Claire. Et voici pourquoi :

Avoir un contact de confiance avant la naissance

Avoir dans son carnet d’adresses une personne spécialisée dans l’allaitement maternel, bienveillante et disponible change tout. En post-partum, lorsque les émotions sont fortes et que mille questions surgissent, cette personne devient un repère clair, rassurant et familier, qu’on peut solliciter en cas de questions, de doutes, ou si vous observez un signal d’alarme qui nécessite de consulter. 

Recevoir des informations adaptées à votre histoire

Chaque allaitement est unique. Vos questions, vos souhaits, vos craintes, votre expérience médicale ou émotionnelle méritent des réponses personnalisées.

Les expériences passées, l’éducation qu’on a reçue, les témoignages de l’entourage, les convictions religieuses ou culturelles, les antécédents familiaux, les croyances sont autant d’éléments qui peuvent impacter un projet d’allaitement. 

« Cela permet d’exposer VOS doutes, VOS questions, VOS problématiques. Et d’avoir des informations adaptées à VOTRE situation. Chaque allaitement est unique et un conseil donné à une maman ne sera pas forcément le conseil adapté à votre famille. » explique Claire.

Une préparation prénatale permet d’obtenir des conseils réellement ajustés à votre situation.

Éviter les achats inutiles (et économiser beaucoup d’énergie)

Beaucoup de parents pensent qu’il faut s’équiper : coussin d’allaitement, tire-lait, vêtements d’allaitement, bouts de sein, biberons au cas où… parfois, la liste n’en finit pas.

« Dans la plupart des cas, votre corps et votre bébé suffisent. Une professionnelle de l’allaitement peut vous aider à cibler uniquement ce qui est utile, si besoin. » souligne Claire.

Pas d’inquiétude : vous pourrez toujours vous équiper selon vos besoins, après la naissance.

Faire des choix éclairés en postnatal

Les heures qui suivent la naissance et les premiers jours sont souvent décisifs, lors de la mise en place de votre projet d’allaitement.

Quand on sait comment fonctionne un nouveau-né, quels sont ses besoins, les spécificités des premiers jours avec notamment la redoutée « nuit de la java » qui intervient en général deux jours après l’accouchement, comment reconnaître les signes d’éveil ou comment allaiter de façon confortable, pour le bébé comme la mère, on se sent plus confiante, y compris face à des décisions rapides à prendre durant le séjour en maternité.

Commencer à créer un réseau de soutien

On dit parfois qu’il faut tout un village pour élever un enfant. Les préparations à l’allaitement se font souvent en groupe, avec d’autres familles ayant une date de terme similaire. Rencontrer d’autres futurs parents ayant un projet d’allaitement, et qui vivent les mêmes questionnements, au même moment, crée un soutien précieux — parfois même de belles amitiés.

« Être entourée de personnes qui nous comprenne parfaitement, c’est un réel soutien ! » rappelle Claire, qui organise elle-même des ateliers de préparation à l’allaitement en petit groupe.

Une ressource précieuse pour créer du lien et rompre avec l’isolement dans lequel on se retrouve parfois, après la naissance.

Règle d’or n°2 : favoriser la proximité surtout les premières heures

Le peau à peau : une transition en douceur

Juste après la naissance, un long peau à peau — idéalement deux heures si les conditions le permettent — aide votre bébé à profiter de cette phase d’éveil unique pour trouver le sein par lui-même et exercer ses compétences.

« Tous ses réflexes sont alors en alerte : recherche active, bouche grande ouverte, mouvements de reptation, réflexe de fouissement… » explique Claire.

Le bébé peut ainsi bénéficier de la première tétée dans des conditions optimales. En plus de favoriser la mise en place de l’allaitement, le peau à peau permet de réguler les fonctions vitales du bébé : température, respiration, rythme cardiaque… une pratique vraiment précieuse, à laquelle on peut continuer à avoir recours à la maison. Passées ces deux premières heures, il est probable que le bébé s’endorme pour récupérer de la naissance (c’est un tout nouveau monde qu’il découvre !).

Votre bébé sait téter dans son sommeil

… dormir à poings fermés ne signifie pas que votre bébé ne peut pas téter dans son sommeil.  « Lorsqu’on laisse le bébé « à la bonne adresse », alors il est fort probable qu’il se mette à téter, dans son sommeil ou en phase d’éveil calme » précise Claire. Raison de plus pour opter pour la stratégie du collé / serré, durant ces premiers jours, ces premières semaines.

Règle d’or n°3 : allaiter aux premiers signes d’éveil

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, les pleurs ne sont pas le premier signal indiquant que ton bébé est prêt à téter : en réalité « Ils arrivent souvent trop tard. » prévient Claire.

Proposer le sein dès les premiers signes d’éveil facilite vraiment la prise du sein :

  • mouvements de bouche,
  •  bébé qui tète ses mains
  • ou qui semble « chercher » le sein contre votre buste

Allaiter son bébé aux premiers signes d’éveil, cela signifie « ne pas attendre qu’il pleure ou s’agace très fort avant de lui proposer le sein. Votre bébé a besoin d’être dans un état de réussite, s’il est déjà dans un état de stress et qu’il pleure, ce sera beaucoup plus complexe pour lui de réussir à s’apaiser pour pouvoir prendre le sein. » explique Claire.

Un bébé calme va souvent de pair avec une mère apaisée : c’est un véritable combo gagnant ! « Si le bébé est calme, la jeune maman sera d’autant plus susceptible d’être détendue et d’accompagner son bébé à prendre le sein, même s’il faudra parfois lui proposer plusieurs fois avant qu’il n’arrive à bien le prendre, pour que la dyade mère-bébé soit parfaitement confortable. » ajoute Claire.

Règle d’or n°4 : créer un environnement propice à la sécrétion d’ocytocine

L’ocytocine, c’est une hormone magique. On l’appelle l’hormone de l’attachement, du bien-être. Mais elle joue également un rôle essentiel dans l’allaitement maternel, puisqu’elle est indispensable pour permettre l’éjection du lait. « C’est la même hormone que celle qui entraîne les contractions, durant la grossesse » indique Claire.
Pour que la lactation se mette en route sereinement, l’idéal est un environnement qui favorise la détente : lumière douce, confort, sécurité émotionnelle, présence encourageante du co-parent.

Le rôle essentiel du co-parent

On entend parfois que le co-parent “n’a pas sa place” dans l’allaitement, d’autres redoutent de se sentir « exclus ». En réalité, le partenaire joue souvent un rôle essentiel, durant la grossesse et lors de l’allaitement : installer un coussin, proposer un verre d’eau, créer un cocon autour de la maman, filtrer les conseils contradictoires, créer une bulle propice à la sécrétion d’ocytocine, soutenir moralement, accompagner la mise en place du rythme du bébé, prendre le relais sur la logistique, préserver l’intimité ou orchestrer les visites lors du postpartum…

Vivre un allaitement apaisé, c’est bien souvent une aventure à trois, où chacun a son rôle à jouer. Et pas d’inquiétude : le tissage du lien avec votre bébé n’est pas conditionné à l’alimentation. Le coparent peut également faire du peau à peau, pratiquer du portage, masser, assurer les soins quotidiens ou interagir avec son bébé durant ces temps d’éveil. Autant de moments clés pour créer du lien.

Règle d’or n°5 : allaiter selon les besoins du bébé (pas selon les horaires)

Se fier à son instinct plutôt qu’à sa montre

L’idée d’espacer les tétées toutes les trois heures revient encore souvent dans les conversations familiales ou avec l’entourage. Or, un nouveau-né tète de façon irrégulière : parfois les tétées vont être plus fréquentes, parfois plus espacées selon ses phases d’éveil, l’efficacité de sa prise, ou sa fatigue.

Observer votre bébé plutôt que votre montre permet de :

  • soutenir la lactation naturellement,
  • rassurer le bébé,
  • éviter les engorgements,
  • et maintenir une lactation optimale

Inutile donc d’espacer les tétées toutes les trois heures. D’autant plus que :

  • Le bébé n’a aucune notion du temps qui passe,
  • Il découvre la sensation de faim depuis sa naissance, puisque durant sa vie intra-utérine, il était alimenté en permanence par le cordon ombilical
  • Les tétées n’ont pas toutes la même fonction, certaines peuvent être nutritives… et d’autres affectives, pour rassurer votre tout-petit.

Comprendre le phénomène des tétées groupées

En fin de journée, beaucoup de mères ont l’impression que leurs bébés réclament le sein plus fréquemment. On parle alors de tétées groupées, parfois appelées tétées « en grappe ». Ce phénomène est utile et sert la physiologie de la lactation. 

« La prolactine, l’hormone qui permet la production du lait, atteint son pic pendant la nuit. Résultat : les seins sont souvent plus pleins la nuit et le matin. À mesure que la journée avance, le débit peut sembler moins rapide. Le bébé a alors besoin de venir plus fréquemment au sein pour obtenir la quantité qui lui est nécessaire. » explique Claire.

Même si la sensation de seins « vides » peut surprendre, ils ne sont jamais réellement vides. Pas d’inquiétude : le lait est produit en continu. « Ils peuvent être moins pleins, avoir moins de débit de lait donc demander plus d’effort à votre bébé pour faire venir le lait. ». Cela peut simplement demander un peu plus d’efforts au bébé, ce qui explique parfois une agitation plus marquée en soirée. Ces moments peuvent être éprouvants et demandent une grande disponibilité. Le bébé a souvent besoin de calme, d’un environnement plus tamisé, de patience… et de tétées à volonté. Encore une fois, il est normal d’observer ce phénomène. 

Les tétées groupées peuvent aussi être associées à ce que l’on appelle les pleurs du soir, parfois nommé pleurs de décharge. Tout est nouveau pour un nouveau-né : les sons, les lumières, les stimulations multiples de la journée. Le soir venu, il peut avoir besoin d’évacuer cette accumulation.

« Proposer le sein peut alors aider, mais ce n’est pas toujours suffisant. Certains bébés ont aussi besoin de portage, d’une sortie à l’air libre, de paroles douces, de bruits blancs ou de musiques calmes. Et parfois, malgré tout cela, rien ne semble fonctionner immédiatement. Savoir que ces pleurs correspondent souvent à un moment précis de la journée, et qu’ils ne durent qu’un temps, permet souvent de les vivre avec un peu plus de sérénité. » précise Claire.

Accueillir les pics de croissance

On entend également beaucoup parler de pics de croissance. Ils correspondent souvent à des phases intenses de croissance … ou d’apprentissage. Un bébé qui tétait toutes les deux ou trois heures peut soudain réclamer très fréquemment, dormir moins et se réveiller la nuit. Il est peut-être en train de vivre une nouvelle étape dans sa croissance ou d’acquérir une nouvelle compétence — se retourner, ramper, se redresser — et a besoin de plus d’énergie, mais aussi de pratiquer… jour et nuit.

Ces périodes sont exigeantes pour les parents, mais lorsqu’il s’agit bien d’un pic de croissance, elles ne durent généralement que quelques jours. Un passage intense, certes, mais temporaire. Avoir du relais pour la gestion logistique du quotidien et laisser bébé téter aussi souvent qu’il en manifeste le besoin permet bien souvent de traverser cette phase sans encombre.

Nouveau né qui dort sur le ventre de sa mère.

Se préparer à l’allaitement : 5 réponses à vos questions !

Quand consulter une professionnelle de l’allaitement ? 

Consulter une professionnelle de l’allaitement maternel en prénatal mais aussi dès que la situation ne vous semble plus fluide, est un réflexe précieux ! Dès les premiers signes de douleurs, doutes, conseils contradictoires, n’hésitez pas. Un regard extérieur et expert permet souvent de retrouver rapidement un allaitement confortable et serein.

À quoi ressemble la montée de lait exactement ?

La montée de lait survient généralement entre le deuxième et le quatrième jour après la naissance et la délivrance du placenta. Plus votre bébé sera à proximité du sein et pourra téter à volonté, et drainer les seins au maximum, plus ce processus se mettra en place rapidement. Les seins peuvent sembler plus chauds, tendus ou plus volumineux que d’habitude. Cette sensation est temporaire et c’est un excellent signe : c’est la preuve que tout se met en route et que le volume de lait produit par le corps augmente. Au fil des mois qui suivent, les seins vont retrouver leur souplesse. Pas d’inquiétude une fois que vous atteignez ce stade, ça ne signifie pas qu’ils sont « vides » ou que vous « manquez » de lait.

Mon bébé tête de façon très fréquente en soirée, est-ce normal ?

Oui, beaucoup de bébés tètent plus fréquemment en fin de journée. On parle de « tétées groupées » ou « tétées en grappes ». Ils cherchent plus de proximité, de réassurance, de chaleur humaine et stimulent naturellement la production de lait. Bien sûr, ça reste intense pour les parents, mais c’est une étape tout à fait naturelle, et ça ne signifie pas que quelque chose cloche, au contraire.

Comment savoir si ma position d’allaitement est « bonne » ?

On va mettre à plat un mythe : il n’existe pas « une seule bonne » position pour allaiter. Plusieurs signes peuvent aiguiller : une prise du sein confortable pour vous, un bébé avec une bouche grande ouverte, une déglutition régulière, et la possibilité, pour vous, de vous détendre. Si la tétée provoque une douleur dans votre corps, un ajustement du positionnement peut souvent améliorer la situation. N’hésitez pas à glisser des coussins sous vos coudes ou à utiliser un marchepied, pour être plus à l’aise. Votre confort fait partie des clés pour un allaitement apaisé.

Le tire-lait est-il nécessaire pour bien démarrer l’allaitement ?

Pas forcément. Dans de nombreux cas, le tire-lait n’est pas indispensable au début. Le corps répond surtout à la stimulation du bébé au sein : plus le bébé tète de façon optimale, plus la lactation est stimulée. Un tire-lait peut être utile dans certaines situations particulières (séparation, prématurité, difficultés de succion, opération…), mais il n’est généralement pas obligatoire pour un démarrage serein.

Et si l’allaitement ne se déroule pas comme prévu ?

Même avec une bonne préparation, certains détails peuvent surprendre : un réflexe d’éjection fort, un bébé très endormi, une perte de poids de plus de 10%, une douleur naissante, une succion difficile… Identifier ces situations rapidement permet d’y répondre efficacement, et on vous a justement préparé un guide à ce sujet.

Et surtout : demander de l’aide est une force, jamais un signe d’échec. Quoi qu’il en soit, préparer votre projet d’allaitement afin de le vivre en toute confiance, et de recevoir le soutien que vous méritez, ça commence souvent avant même la naissance. Et avec ces cinq Golden Rules, vous voilà d’ores et déjà bien informées ! 

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