A l’annonce de cet événement majeur, vos enfants vont probablement être submergés par un grand nombre d’émotions pas toujours positives : ils vont bientôt devoir partager leur maman et leur papa, mais aussi assumer un nouveau rôle, celui de grand frère ou de grande sœur. Parfois très bien acceptées, ces perspectives peuvent aussi générer de la jalousie, de la colère ou de l’angoisse.

Ne vous inquiétez pas : ces sentiments sont parfaitement légitimes et ne signifient pas que vos enfants ne s’aimeront pas. Découvrez nos conseils pour les aider à passer ce cap délicat le plus sereinement possible !

Pendant la grossesse

- Annoncez rapidement votre grossesse à vos enfants. On conseille souvent d’attendre la fin du premier trimestre, pendant lequel les risques de fausse couche sont plus élevés. Cependant, les enfants sont très intuitifs et bien souvent ils sentent que quelque chose a changé. Voir leur mère fatiguée ou nauséeuse risque aussi de les inquiéter. Vous pouvez donc choisir de leur parler sans attendre, avec des mots simples adaptés à leur âge.

- N’anticipez pas leurs réactions et laissez-les assimiler la nouvelle. Chacun reviendra bientôt vers vous pour exprimer sa joie, son inquiétude ou ses interrogations. Ecoutez alors toutes leurs émotions, sans les réprimander s’ils ne sont pas contents, et rassurez-les sur votre amour pour eux.

- Aidez vos aînés à prendre conscience de ce qui se prépare. A l’échelle d’un enfant, une grossesse est infiniment longue et le bébé caché dans votre ventre reste bien abstrait… Racontez-leur comment un bébé « pousse » dans le ventre de sa maman : il existe de nombreux albums adaptés à chaque âge qui pourront vous servir de support. Parlez aussi à vos enfants de leur propre venue au monde en illustrant votre propos par des photos de vous enceinte, de la maternité, d’eux-mêmes nouveau-nés, etc. Enfin, incitez-les à toucher votre ventre pour sentir le bébé bouger – mais sans les forcer s’ils se montrent réticents.

- Intégrez vos enfants aux préparatifs de l’arrivée du bébé. Montrez-leur vos achats, demandez leur avis sur les couleurs de la chambre, faites-les choisir eux-mêmes un doudou ou un vêtement pour leur petit frère ou petite sœur…

- Ne délaissez pas vos aînés, même si la grossesse vous fatigue beaucoup. Adaptez simplement vos activités avec eux à votre état : partagez des moments calmes comme un jeu de société, la lecture d’une histoire, la préparation d’un gâteau, une sieste en commun et surtout beaucoup de câlins !

À la naissance

- Organisez avec un soin particulier la première rencontre entre vos aînés et votre nouveau-né. Ménagez un moment de tranquillité, sans aucun autre visiteur : la focalisation des invités sur le bébé pourrait blesser vos aînés et parasiter leur premier contact. Laissez vos enfants découvrir leur petit frère ou petite sœur à leur guise, qu’ils se montrent curieux, intimidés, méfiants ou attendris. S’ils feignent l’indifférence et se mettent à jouer sans un regard pour le bébé, respectez-le également.

- Invitez-les à participer ou observer les soins du bébé : change, bain, habillement… Vous pouvez aussi leur proposer de le prendre dans leurs bras, en les aidant s’ils sont encore petits.

De retour à la maison

- Acceptez toutes les émotions de vos enfants sans les sermonner, même s’ils expriment du mécontentement : la complicité entre frères et sœurs ne peut pas naître sous la contrainte et vous ne feriez que les culpabiliser en critiquant leurs sentiments. Au contraire, écoutez-les, encouragez-les à se confier et rassurez-les encore et encore sur votre amour inconditionnel pour eux.

- En revanche, ne tolérez aucune violence physique ni verbale envers le bébé : vos enfants ne sont pas obligés de se réjouir de la présence de leur petit frère ou petite sœur ni de l’aimer, mais ils ne doivent en aucun cas lui porter atteinte. Ils seront d’ailleurs rassurés de voir que vous leur posez des limites et que vous protégez le bébé, comme vous les avez protégés lorsqu’ils étaient à sa place. Rappelez-leur également que le bébé est tout petit et très fragile, comme ils l’ont été eux aussi.

- Attention cependant à ne pas les rejeter s’ils se montrent agressifs : c’est par la tendresse que vous réussirez à désamorcer cette violence, qui risque au contraire d’augmenter s’ils se sentent mis à l’écart.
- Dans la mesure du possible, préservez les habitudes de vos ainés et ne chamboulez pas leur quotidien : crèche, nounou ou école, heures des repas et du coucher, jeux et rituels… Surtout s’ils sont encore petits, vos enfants ont besoin de conserver des repères dans cette période de grand changement.

- Veillez à passer des moments privilégiés avec chacun de vos enfants, juste à deux. Pour y parvenir, faites-vous relayer par le papa ou par d’autres personnes proches.

- Prenez garde à ne pas parler que de votre nouveau-né, même s’il requiert une grande partie de votre temps. Accordez aussi de l’attention aux événements de la vie de vos autres enfants : mettez l’accent sur chacun de leurs progrès et saisissez toutes les occasions de les valoriser en tant que « grands ».