Qu’est-ce qu’une dermatite atopique ? est-ce qu’un eczéma atopique est contagieux ? comment diagnostiquer cette maladie chez un enfant ? Comment la traiter, la prévenir ? Voici notre FAQ pour comprendre cette maladie et vous aider à mieux prendre en charge la maladie cutanée de votre bébé.

Dermatite atopique, eczéma atopique, dermatose… de quoi s’agit-il ?

L’eczéma est une maladie inflammatoire de la peau, qui se manifeste par des démangeaisons, des rougeurs et de brusques éruptions cutanées. Il s’agit de la dermatose, terme utilisé pour désigner toutes les affectations de la peau, la plus répandue chez les enfants. L’atopie, quant à elle, signifie qu’il y a une hypersensibilité à l’environnement, c’est-à-dire que le corps réagit de manière excessive à certains allergènes et irritants. L’eczéma atopique, qui est aussi appelé dermatite atopique, est donc une maladie allergique. C’est une réaction du système immunitaire qui sur-réagit lorsqu’il est en présence d’éléments allergènes. L’eczéma atopique , ou dermatite atopique, est dit chronique, c’est-à-dire de longue durée, évolutif, avec des conséquences sur la vie quotidienne. Il alterne périodes de crises, avec des poussées d’eczéma, et périodes d'accalmie, sans raison très claire.

L’eczéma, ou dermatite, atopique est-il une maladie fréquente chez le bébé et l’enfant ?

En moyenne l’eczéma atopique touche un enfant sur cinq dans le monde (1) Il s’agit de la dermatose la plus répandue chez les enfants. Et ce chiffre ne cesse d’augmenter : dans les pays industrialisés, le pourcentage de personnes touchées par cette maladie a triplé en 30 ans (2). Vous pouvez donc vous rassurer : si votre bébé est concerné, cela n’a rien d’exceptionnel et il n’est pas seul dans sa situation.

Est-ce que cette maladie cutanée est contagieuse ?

Non, l’eczéma atopique n’est aucunement contagieux, même en cas de poussées. Votre enfant peut aller jouer sans crainte avec ses camarades ! Comment reconnaitre une dermatite atopique ? Les enfants qui ont une peau atopique ont une peau très sèche sur l’ensemble du corps. Les poussées de dermatite atopique (ou eczéma atopique) apparaissent sur différentes parties du corps selon l’âge de l’enfant. Mais elles ont des symptômes communs : des plaques rouges toujours associées à de fortes démangeaisons. Ces rougeurs créent de légères surélévations de la peau, et la rendent rugueuse.

Peut-on prévenir les crises d’eczéma atopique ?

Si on ne peut pas empêcher totalement l’apparition de poussées, certaines précautions peuvent effectivement prévenir ses manifestations. Le premier geste est d’appliquer des soins émollients au quotidien. Leur action ? Ils permettent de restaurer la barrière cutanée et réduisent jusqu’à 95% les démangeaisons. En parallèle, vous pouvez adopter certains réflexes pour créer un environnement plus propice à votre enfant : passer très régulièrement l’aspirateur, aérer vos intérieurs, interdire l’accès aux chambres à vos animaux de compagnie, passer les peluches à la machine à laver…

Comment identifier quand mon enfant risque d’avoir une poussée ?

Impossible de savoir précisément car tout dépend du terrain atopique de votre enfant et de sa sensibilité. Ce que l’on peut affirmer est que l’eczéma atopique alterne période d’accalmie et poussées. La durée des périodes d’accalmie peut être allongée grâce à des soins adaptés, comme les soins émollients, et quelques précautions au quotidien, comme aérer régulièrement les pièces chez soi ou éviter les activités qui font trop transpirer. Par ailleurs, on sait que les poussées auront plus de risque de survenir quand votre bébé fera ses petites dents ou s’il a attrapé un gros rhume c’est-à-dire, en terme médical, s’il présente une infection rhino-pharyngée.

Quels soins utiliser pour traiter l’eczéma ou dermatite atopique de mon enfant ?

La recommandation numéro un en cas d’eczéma atopique chez votre bébé est d’utiliser au quotidien des soins émollients . S’ils sont appliqués dès la naissance, ils réduisent de 33% à 50% le risque de développer les symptômes de cette pathologie. Ils aident également à restaurer la barrière cutanée, c’est-à-dire à apporter des matières grasses pour reconstituer son film protecteur. Enfin, ils peuvent réduire immédiatement les sensations de grattage ! En bref, l’assurance pour votre bébé de passer des journées et des nuits plus paisibles. La recommandation est de les appliquer au moins une à deux fois par jour, après le bain et/ou avant de s’habiller. Seule précaution : ils ne doivent pas être utilisés sur les zones suintantes pour lesquelles votre médecin prescrira un traitement spécifique.

Dois-je éviter d’utiliser des dermocorticoïdes pour soigner mon bébé ?

On s’inquiète souvent des dermocorticoïdes, utilisés sous forme de pommades, crèmes ou lotions, parce qu’ils contiennent de la cortisone. Il n’y pourtant pas de raison ! En réalité, ils n’ont pas d’effets secondaires comme pourraient en avoir les corticoïdes pris par voie orale. Appliqués sur la peau en cas de poussée, une fois par jour et de façon locale sur les rougeurs, les dermocorticoïdes sont sans danger pour le nourrisson, l’enfant ou l’adolescent. Ils sont même particulièrement efficaces pour traiter l’inflammation rapidement. Ils pourront aussi aider à ce que votre bébé retrouve plus rapidement son sommeil et une meilleure qualité de vie. Il s’agit en revanche de respecter scrupuleusement les doses et la durée de traitement indiqués par votre médecin.

En cas d’eczéma atopique, faut-il préférer les traitements naturels aux plantes ?

Non, car malheureusement naturel ne signifie pas forcément inoffensif : les plantes peuvent contenir des allergènes végétaux qui sont susceptibles de déclencher des poussées d’eczéma atopique. Les peaux atteintes de cette maladie nécessitent des soins spécifiques. Dans le doute, il vaut mieux ne pas tenter des traitements parallèles, d’autant plus que l’utilisation au quotidien de soins émollients ou les traitements aux dermocorticoïdes prescrits par votre médecin en cas de rougeurs restent des solutions efficaces pour prévenir les poussées, réparer la peau et soulager des démangeaisons.

L’eczéma atopique est-il héréditaire ?

C’est exact dans la majorité des cas. Quelques chiffres pour le prouver : environ 70% des enfants touchés par l’eczéma atopique ont, dans leur famille, une personne ayant elle aussi un terrain atopique. Encore plus parlant : la probabilité pour un enfant de développer un eczéma atopique augmente de 40% à 50% quand l’un des parents en est atteint, et de 50% à 80% lorsque les deux parents le sont (3). En résumé, il est héréditaire mais personne n’est à l’abri. L’intensité des poussées est-elle héréditaire ? L’eczéma atopique est bien héréditaire. En revanche, ce n’est pas le cas de l’intensité des poussées. Pas d’inquiétude donc si vous ou votre conjoint avez connu une forme sévère de la maladie, votre petit n’en souffrira pas forcément. Votre enfant développe une forme propre de la pathologie.

Est-ce pour la vie ? peut-on en guérir ?

Votre enfant ne sera pas forcément atteint d’eczéma atopique toute sa vie. Du moins pas avec la même intensité. S’il apparaît souvent très tôt – quelques mois après la naissance, il peut diminuer en intensité vers l’âge de 5 ou 6 ans, et se faire rare à l’âge adulte. Il peut même disparaître totalement. En réalité, tout dépend de la sensibilité de votre enfant. Si vous appliquez quotidiennement des soins émollients et adoptez quelques précautions simples à la maison ou à l’extérieur, vous pourrez multiplier les périodes d’accalmie. Rassurés ?

Comment puis-je favoriser les périodes d’accalmie ?

Il existe en effet un certain nombre d’astuces qui permettent d’espacer les phases de poussées d’eczéma atopique. L’utilisation de soins émollients spécifiques pour les enfants au quotidien est clé. D’autres préconisations peuvent aider votre enfant : l’habiller avec des vêtements en coton, éviter qu’il ne transpire trop, passer très régulièrement l’aspirateur… Autant de règles de vie simples qui peuvent rallonger les périodes d’accalmie.

Quelle est la différence entre eczéma de contact et eczéma atopique ? Ils n’ont qu’un seul point commun : ils sont tous deux des réactions allergiques.

L’eczéma atopique est souvent héréditaire. Il peut se manifester dès les premiers mois de votre bébé, et a tendance à s’atténuer lorsqu’il grandit. L’eczéma atopique alterne phases d’accalmie et de poussées, qui apparaissent sans raison très claire. L’eczéma de contact peut en revanche se manifester à tout âge, le plus souvent à partir de l’adolescence ou de l’âge adulte. Il apparaît dans des conditions bien précises : C’est une réaction de la peau lorsqu’elle a été en contact avec une matière ou un produit spécifique : nickel, caoutchouc, mais aussi solvant, médicament…

L’eczéma atopique laisse-t-il des cicatrices et des marques sur la peau ?

Bonne nouvelle : l’eczéma atopique ne laisse aucune trace sur la peau, même si les rougeurs sont sévères et se transforment en plaques suintantes.

L’allaitement a-t-il un rôle positif ou négatif sur l’eczéma ou dermatite atopique ?

C’est effectivement une question qui peut partager. Certains préconisent l’allaitement car il permet de protéger son bébé de nombreuses allergies et infections. D’autres soutiennent que si l’enfant présente déjà une allergie, la maman devra alors supprimer certains aliments de ses repas pour ne pas lui transmettre d’allergènes. Cette précaution n’est pour autant pas prouvée de façon formelle. En réalité, l’eczéma atopique n’est que très rarement associé à une allergie alimentaire . La bonne solution ? Discuter de l’allaitement avec votre médecin.

Faut-il bannir certains aliments pour éviter les poussées d’eczéma atopique ?

Ce n’est pas forcément nécessaire. L’eczéma atopique est rarement déclenché par une allergie ou une intolérance alimentaire. Mais certains aliments peuvent irriter la peau : au moment de les avaler, le contact avec la bouche ou son contour peut titiller le système immunitaire et provoquer une poussée d’eczéma. En cas de doute, n’hésitez pas à consulter un dermatologue ou un allergologue.

L’eczéma atopique est-il provoqué par le stress ?

L’eczéma atopique est une manifestation allergique, souvent héréditaire, et n’est pas provoqué par le stress. À l’inverse, il peut être source de stress, pour l’enfant comme pour les parents ou les proches qui peuvent se sentir impuissants. Et ce stress peut accentuer les manifestations de l’eczéma atopique. Créer un environnement rassurant participe à rendre votre petit plus serein : vous pouvez bien sûr lui prodiguer câlins et massages mais aussi lui expliquer la situation, quel que soit son âge.

Puis-je faire vacciner mon enfant en cas d’eczéma atopique ?

La réponse est oui. Non seulement, les vaccins n’aggravent pas l’eczéma atopique mais ils protègent contre de nombreuses maladies, de la diphtérie, au tétanos en passant par la polio. En revanche, s’il a une poussée d’eczéma, il est recommandé de reporter le rendez-vous chez le pédiatre. Pas de raison médicale mais une question de confort pour votre petit.

L’eczéma atopique peut-il évoluer en asthme ?

Vers l’âge de deux ans, l’asthme peut commencer à apparaître, au moment où bien souvent l’eczéma atopique diminue. On a donc tendance à mettre en parallèle les deux événements, pourtant ils n’ont pas de lien ! En revanche, ils sont tous deux dus au fait que votre bébé a un terrain atopique, c’est-à-dire que son système immunitaire répond de manière excessive en présence d’allergènes. Ce terrain peut se manifester par une conjonctivite, un rhume des foins, de l’asthme ou un eczéma atopique. Et selon sa sensibilité, votre bébé pourra être sujet à l’une ou l’autre de ces manifestations, ou à plusieurs d’entre elles, sans lien directe entre elle.

Est-il possible d’emmener mon enfant à la mer ou à la piscine s’il a de l’eczéma atopique ?

Emmener son enfant à la mer ou à la piscine est une excellente idée ! C’est une bonne activité, car elle fait peu transpirer et donc réduit les risques de démangeaisons. En revanche, comme le chlore et le sel peuvent avoir un effet irritant, quelques précautions s’imposent. Avant de se mettre à l’eau, il est recommandé d’appliquer une crème émolliente sur tout le corps. Et si le bain a lieu à l’extérieur, ne pas oublier d’utiliser un lait solaire haute protection. Une fois la baignade finie, il est recommandé de rincer abondamment si des plaques rouges apparaissent et enfin, de retour chez vous, n’oubliez pas de laver son enfant avec un gel adapté et d’appliquer généreusement un soin émollient.

Dois-je éviter d’emmener mon enfant à la crèche ou l’école s’il a une poussée d’eczéma atopique ?

Aucune raison de garder votre petit à la maison s’il a une poussée d’eczéma atopique. Cette maladie n’est pas contagieuse. En revanche, il peut être bénéfique de prévenir la crèche ou l’école. Une attention particulière pourra ainsi lui être portée s’il est de mauvaise humeur. Et en cas de fatigue ou de somnolence, l’équipe pourra même essayer de lui faire rattraper quelques heures de sommeil à l’heure de la sieste. Bien sûr, si cela vous rassure et que vous en avez la possibilité, vous pouvez veiller sur votre petit à la maison.

Faut-il éviter les animaux à la maison en cas d’eczéma atopique ?

La réaction allergique aux poils ou plumes n’est pas automatique chez les enfants atteints d’eczéma atopique. Si votre petit a été en contact très tôt avec votre chat, chien ou hamster, cela a même pu contribuer à l’immuniser. Il est recommandé de voir un médecin qui pourra, si besoin, lui faire passer des tests. Si l’allergie à son compagnon à poil ou à plumes est confirmée, quelques précautions s’imposeront alors comme interdire la chambre et le canapé à l’animal ou passer très régulièrement l’aspirateur. S’il rêve d’un animal, pourquoi ne pas l’aiguiller vers un poisson dans un bel aquarium ? Une solution garantie sans risque !

L’eczéma atopique peut-il déclencher d’autres allergies ?

Non. En plus de son eczéma atopique, votre enfant peut effectivement avoir d’autres allergies, mais c’est parce qu’il a un terrain atopique. L’eczéma est une des manifestations de ce terrain atopique. Au rang des autres allergies qui peuvent se déclencher, on compte l’asthme, le rhume des foins, les conjonctivites ou des intolérances alimentaires. Toutes fonctionnent de la même façon : le système immunitaire, très sensible, sur-réagit en présence d’allergène comme les acariens, la poussière, le pollen… Votre enfant peut donc avoir plusieurs allergies, mais c’est son système immunitaire qui en est l’auteur !

En cas d’eczéma atopique, faut-il laver plus souvent son enfant ?

Au contraire. Une hygiène trop poussée peut même favoriser l’apparition d’allergies. En effet, dans ce cas, le corps de votre enfant est moins exposé aux microbes, aussi lorsque le système immunitaire y est confronté, il réagit plus qu’il est nécessaire. Ce phénomène est le même chez les enfants atopiques, qui doivent pourtant éviter le contact avec les allergènes. Leur système immunitaire a besoin, comme les autres, d’être stimulé par des infections dans la petite enfance, ce qui contribuent à son juste équilibre. D’ailleurs, il y a plus de cas d’eczéma atopique dans les pays industrialisés où l’hygiène peut être excessive.

 

(1) source : Watson 2011, Isaac 1998.

(2) Source : http://www.fondation-dermatite-atopique.org/fr/leczema-atopique/definition-de-leczema-atopique

(3) Source : Böhme 2003, Taïb 2008